Indice PMI France : Définition, évolution récente et impact sur les marchés

Modifié le 8 septembre 2026 par epargnebourse.fr

Publié chaque mois, l’indice PMI est un baromètre clé de la santé économique. En France, il attire l’attention des investisseurs, économistes et décideurs. Que nous apprend-il ? Comment interpréter les chiffres ? On fait le point complet.

Cet article comporte trois parties bien distinctes et complémentaires :

  • L’analyse des tous derniers PMI disponibles pour la France
  • Les définitions des indices PMI
  • Une liste de FAQ vous permettant de « réviser » vos connaissances

Les dernières données PMI France

Dernier indice pmi France

Les dernières données publiées sont les données flash du mois de août, elles ont été publiées le 03-Sept par S&P Global.

Les données les plus récentes sont les données définitives d’août 2026, publiée par S&P Global / HCOB le 03 Sept 2026. Le composite ressort à 48,5, contre 49,4 en juillet (chiffre définitif) et un consensus de 49,5. Les services tombent à 48,0 (consensus 49,8) et le manufacturier monte à 51,1 (consensus 50,0). Les deux autres chiffres deviendront définitifs le 3 septembre.

Le composite signe ainsi son huitième mois consécutif sous 50, dernière lecture en expansion : novembre 2025. La dégradation d’août (PMI sous 50) vient intégralement des services : l’emploi privé recule pour le quatrième mois d’affilée, exclusivement dans le tertiaire, et les nouvelles commandes baissent pour le neuvième mois de rang. Les répondants citent fréquemment la canicule comme facteur de moindre fréquentation. La confiance des entreprises retombe à son plus bas depuis mai, sur fond d’incertitude politique interne et internationale.

Un point technique change la lecture du chiffre manufacturier. Le PMI manufacturier de tête n’est pas un indice de production (contrairement à ce que l’on pourrait penser) : c’est une moyenne pondérée de cinq composantes : nouvelles commandes (30 %), production (25 %), emploi (20 %), délais de livraison fournisseurs (15 %, inversés) et stocks d’achats (10 %).

Dans le contexte actuel de perturbations logistiques liées au conflit au Moyen-Orient, l’allongement des délais de livraison pousse mécaniquement l’indice de tête vers le haut alors qu’il traduit une difficulté. C’est la production manufacturière, et non le PMI manufacturier, qui entre dans le composite — et elle n’est repassée en hausse qu’en août, pour la première fois depuis avril.

Analyse de l’évolution du PMI France composite sur les 24 derniers mois

Le graphique suivant montre l’évolution du PMI composite de S&P global et du consensus associé.

Sur les 24 mois de septembre 2024 à août 2026, le composite français est passé 22 fois sous 50, pour une moyenne de 48,2. Les deux seules exceptions sont novembre 2025 (50,4) et décembre 2025 (50,0, soit stabilité stricte). Le point bas de la période est mai 2026, à 44,9 atteint dans le sillage immédiat du déclenchement du conflit au Moyen-Orient en février.

C’est la deuxième lecture qui compte davantage. La moyenne du composite sur juillet-août 2026 s’établit à 48,9, contre 46,6 au deuxième trimestre : un redressement de 2,3 points d’un trimestre à l’autre, même si le niveau reste sous le seuil d’expansion. Le PIB français avait reculé de 0,1 % au T1 puis rebondi de 0,2 % au T2 (INSEE, première estimation du 30 juillet 2026).

Le message du composite pour le T3 est celui d’une croissance faiblement positive, du même ordre, pas d’un décrochage. Ce n’est pas glorieux, pas une catastrophe. Juste la nieme confirmation une lente agonie.

Sur le consensus, le résultat est plus nuancé qu’il n’y paraît. Sur ces 24 mois, le composite est ressorti au-dessus du consensus 10 fois sur 23, pour un écart moyen quasi nul (-0,11 point). Autrement dit, le marché n’est pas systématiquement trop optimiste sur la France : il est simplement imprécis. Il faut donc se méfier du récit « la France déçoit encore » : sur deux ans, la surprise moyenne est statistiquement indiscernable de zéro.

Si l’on considère l’économie Française pour ce qu’elle est devenue, les dernières données ne sont pas décevantes.

Évolution PMI services France sur les 24 derniers mois

Le PMI services suit une trajectoire plus dégradée encore que le composite. Sur la période disponible dans mes séries (juin 2025 à août 2026), il est passé 13 fois sur 15 sous 50, avec un unique épisode franc d’expansion en novembre 2025 (51,4). Le creux de mai 2026 à 44,3 est le point bas de la série.

C’est le point qui compte le plus pour comprendre la France : les services représentent l’essentiel de la demande intérieure. Leur contraction continue confirme ce que montre déjà le détail du PIB du T2, où le rebond venait à 0,6 point du commerce extérieur, la demande intérieure hors stocks n’apportant que 0,1 point et l’investissement reculant encore de 0,3 %.

Évolution PMI manufacturier France sur les 24 derniers mois

Le manufacturier est le miroir inverse. Sur la même fenêtre, il est repassé 8 fois sur 15 au-dessus de 50, avec une accélération nette en 2026 : moyenne de 50,8 sur janvier-août, contre 48,9 sur juin-décembre 2025. Le pic est atteint en avril 2026 (52,8).

La réserve développée en début d’article s’applique intégralement ici : une part de cette surperformance industrielle est une conséquence comptable des retards de livraison et du stockage de précaution, pas de la demande. La bonne tenue de l’aéronautique française visible au travers des exportations d’« autres matériels de transport » qui ont bondi de 33,6 % au T2 selon l’INSEE est en revanche un facteur réel, mais très concentré sectoriellement. Il ne se diffuse pas au reste du tissu industriel.

Comparaisons internationales du PMI Français : Dernière du peloton

Je fini par déprimer en écrivant cette section dont la la lecture est presque invariablement la même : Les PMI annoncent une France dernière du peloton

Voici les dernières lectures disponibles au 03 Sept 2026 :

ZoneCompositeServicesManufacturierMois / statut
France48,54851,1août définitif
Zone euro52,151,752,8août, flash
Allemagne51,048,554,1août, flash
Royaume-Uni52,552,851,5août, flash
États-Unis56,056,853,2août, flash
Italie52,552,551,3juillet, définitif

Sources : S&P Global / HCOB, communiqués du 21 août 2026 (France, Allemagne, zone euro, R.-U., É.-U.) et des 3 et 5 août 2026 (Italie). L’Italie ne publie pas d’estimation flash : sa donnée d’août paraîtra début septembre et n’est donc pas directement comparable aux autres.

Le composite de la zone euro est à son plus haut depuis novembre 2025 et pointe vers une croissance trimestrielle d’environ 0,3 %. S&P Global écrit explicitement que la France est le maillon faible : la production y recule de manière continue depuis le début de l’année, tandis que le reste de la zone euro hors France et Allemagne enregistre sa plus forte expansion depuis avril 2022. L’Allemagne présente un profil symétrique du nôtre en plus favorable : une industrie en plein boom, portée par les biens technologiques liés à l’IA et la commande de défense, mais un secteur des services en contraction pour le cinquième mois consécutif. Les États-Unis, eux, accélèrent franchement, avec une croissance annualisée du T3 pointée près de 3 %.

Un marché a déjà tiré les conséquences de cette divergence. Au 21 août 2026, en clôture, l’OAT 10 ans français cote 4,133 % et le Bund 3,276 %, soit un écart de 85,7 points de base (le 99e percentile de ma série depuis décembre 2022), et près de 9 points de base de plus qu’un mois plus tôt. Surtout, le BTP italien 10 ans ressort à 4,087 % : la France emprunte plus cher que l’Italie, et sans interruption depuis le 15 septembre 2025. Le PMI n’est pas la cause de cet écart, qui relève de la trajectoire budgétaire ; il en est le contexte macroéconomique aggravant.

Conclusion : Et ça continue encore et encore

Le scénario le plus probable est la poursuite d’un régime de stagnation à deux vitesses : composite français entre 48 et 50, services sous 50, manufacturier oscillant autour de 51 sans effet d’entraînement. Il s’appuie sur trois éléments observés, non sur une prévision : la variation trimestrielle est positive mais le niveau reste sous 50 ; l’emploi privé recule depuis quatre mois, ce qui pèse sur le revenu et donc sur les services ; l’écart avec la zone euro ne se referme pas.

Pour l’économie française, cela signifie une croissance faiblement positive au T3, dans la lignée du +0,2 % du T2, avec un acquis de croissance 2026 de +0,5 %. Ce n’est pas une récession, et il faut le dire clairement : les niveaux de PMI actuels sont ceux d’une quasi-stagnation, pas d’une contraction sévère. Mais la composition de cette croissance est fragile, car elle repose sur les exportations aéronautiques plutôt que sur la demande intérieure.

Pour un détenteur d’ETF CAC 40, ce diagnostic ne change presque rien. Selon le cabinet EY (Profil financier du CAC 40), plus des trois quarts du chiffre d’affaires des sociétés de l’indice sont réalisés hors de France. Le canal de transmission entre PMI français et bénéfices du CAC 40 est donc étroit : il passe par les valeurs à forte assise domestique (distribution, concessions, télécoms, banques de détail, construction) et par le coût de financement de l’État, qui remonte via les valorisations bancaires. Le CAC 40 clôturait à 8 484,43 points le 21 août 2026, après huit séances consécutives de baisse et un recul hebdomadaire de 1,76 % ; ce mouvement s’expliquait par la tension mondiale sur les taux longs, pas par le PMI français.

La conclusion opérationnelle diffère selon l’exposition. Pour un portefeuille indiciel CAC 40 ou Europe large, la donnée ne modifie pas l’exposition, parce que le canal de transmission est trop faible pour justifier un arbitrage. Pour un portefeuille surpondéré en valeurs françaises domestiques ou en indices parisiens élargis (SBF 120, CAC Mid 60, dont l’assise domestique est structurellement plus forte que celle du CAC 40), la donnée confirme une fois de plus un vent contraire qui dure depuis huit mois et mérite d’être regardée en face.

Le contre-argument mérite d’être pris au sérieux. On pourrait soutenir que mon diagnostic est trop sévère, pour trois raisons :

  • D’abord, la révision : depuis octobre 2023, le composite français flash a été révisé à la hausse dans 20 cas sur 33, pour une révision moyenne de +0,32 point, stable entre les deux moitiés de l’échantillon (+0,36 puis +0,27) ; le chiffre du 3 septembre a donc statistiquement plus de chances d’être meilleur que 48,8 que pire.
  • Ensuite, le facteur météorologique : S&P Global rapporte que la canicule a été explicitement citée par les répondants comme cause de moindre activité, ce qui est un choc transitoire.
  • Enfin, la dynamique : +2,5 points de moyenne trimestrielle est une amélioration substantielle.

Ces trois arguments plaident pour une stabilisation plus rapide que le scénario central. Ils ne suffisent pas à l’invalider tant que les services restent sous 50. Et très franchement, ils ne sont pas assez forts pour me faire douter sur mon scénario central.

Dates à surveiller
  • 03/09/2026 : PMI composite et services définitifs d’août France
  • 10/09/2026 : Décision de taux de la BCE (Conseil des gouverneurs)
  • 18/09/2026 : Revues Morningstar DBRS et Scope sur la France
  • 23/09/2026 : PMI flash de septembre — France, Allemagne, zone euro, États-Unis
Catalyseurs potentiels, dans les deux sens

À la hausse : une désescalade au Moyen-Orient qui normaliserait les chaînes d’approvisionnement et lèverait l’incertitude citée par les répondants ; une clarification budgétaire française qui refermerait le spread OAT-Bund ; la diffusion de la reprise industrielle allemande aux sous-traitants français. Mais il n’y a pas particulièrement de raisons structurelles pour que la France en profite davantage que le reste des pays de la zone Euro.

À la baisse : une dégradation ou une mise sous perspective négative par Fitch le 28 août ; une BCE qui durcirait sa politique alors que la demande intérieure française se contracte. L’institution a maintenu son taux de dépôt à 2,25 % en juillet 2026, mais S&P Global note que le biais reste restrictif et que de nouvelles hausses ne peuvent être exclues au vu de la vigueur de la zone euro hors France

Autre possibilité, celle de la poursuite des destructions d’emplois dans les services au-delà d’un cinquième mois.

🔎 Notre conseil : continuez à surveiller de près les PMI, pour détecter d’éventuels signaux précurseurs d’un retournement.
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Ecrivez moi à epargnebourse.fr si vous avez des questions ou si vous souhaitez que j’ajoute le « pmi manufacturier France » et le « pmi services France » dans cet article.

L’analyse des derniers PMI France disponibles se termine, la suite de cet article porte sur les définitions et les FAQ.

Qu’est-ce que l’indice PMI France ?

Définition PMI France

Les indices PMI (Purchasing Managers’ Index), ou indices des directeurs d’achats, sont des indicateurs avancés de l’activité économique. Ils sont calculés à partir d’enquêtes mensuelles menées auprès de responsables d’achats dans les entreprises, dans divers secteurs (industrie, services, construction…).

Chaque mois, les répondants indiquent si certains éléments clés — production, nouvelles commandes, emplois, stocks, délais de livraison — ont augmenté, diminué ou sont restés stables par rapport au mois précédent. Ces réponses sont ensuite agrégées en un indice compris entre 0 et 100.

Hard data vs soft data

Il existe deux grandes familles d’indicateurs économiques :

  • Les hard data : Ce sont des données officielles et quantifiées, comme le PIB, le taux de chômage ou la production industrielle. Elles sont très fiables mais publiées avec plusieurs semaines, voire mois, de décalage.
  • Les soft data : Ce sont des enquêtes de terrain comme les indices PMI ou le WEI (Weekly Economic Index) de la Fed. Elles offrent une vision rapide et prospective de l’activité économique, mais peuvent être sujettes à des bruits statistiques ou à des effets de sentiment.

Le PMI France permet donc aux investisseurs, économistes et décideurs de prendre le pouls de l’économie française en temps réel, bien avant la publication des statistiques officielles.

Pourquoi les PMI sont importants pour les investisseurs

La performance boursière des entreprises est étroitement liée à la conjoncture économique. La croissance, la consommation et l’investissement sont autant de facteurs macroéconomiques qui influencent les résultats des sociétés cotées. Il est d’ailleurs rare que les marchés actions progressent durablement en période de récession.

Dans ce contexte, les indices PMI (Purchasing Managers’ Index) se sont imposés comme des indicateurs avancés de référence. Publiés chaque mois, ils permettent de prendre le pouls de l’activité dans les secteurs manufacturier et des services, en France, dans la zone euro ou aux États-Unis. Ces données, élaborées par S&P Global (ou l’ISM aux États-Unis), offrent aux investisseurs un aperçu rapide et synthétique de la dynamique économique en temps réel.

Très suivis par les professionnels des marchés, les PMI figurent parmi les statistiques classées comme « à fort impact » (niveau rouge) sur les calendriers économiques de référence, comme celui de IG. En cas de surprise par rapport au consensus, ils peuvent générer une volatilité marquée sur les marchés actions, obligataires et sur le forex.

Voici par exemple ce que le calendrier des PMI du brooker IG indique pour le 22 Mai 2025 :

PMI Calendrier
PMI Calendrier

Les différents types d’indices PMI

Les principaux PMI

Les indices PMI se déclinent en plusieurs catégories, chacune reflétant l’activité d’un secteur spécifique de l’économie. Ils sont publiés à la fois pour les États-Unis, la zone euro, et de nombreux pays individuellement.

  • PMI Manufacturier : mesure la performance du secteur industriel, en s’appuyant sur des composantes comme la production, les nouvelles commandes, les délais de livraison, l’emploi et les stocks. C’est l’indice le plus suivi dans les économies industrialisées.
  • PMI des Services : reflète l’activité dans le secteur tertiaire (services financiers, santé, éducation, transport, hôtellerie, etc.), qui représente une part majeure du PIB dans les pays développés.
  • PMI Composite : combine les résultats du PMI manufacturier et du PMI des services, offrant une synthèse globale de l’activité économique d’un pays ou d’une région.

Autres indices PMI spécialisés

Dans certains pays, des déclinaisons supplémentaires existent pour suivre des secteurs ou dynamiques spécifiques :

  • PMI Construction : Particulièrement suivi au Royaume-Uni, en Allemagne ou en Australie, il mesure l’activité dans le bâtiment et les travaux publics, un secteur très cyclique et sensible aux taux d’intérêt.
  • PMI de l’Emploi (sous-indice intégré dans les PMI principaux) : Utilisé comme indicateur avancé du marché du travail, il permet d’anticiper les tendances de l’emploi dans l’industrie ou les services.
  • PMI des Nouvelles Commandes à l’Exportation : Il évalue la demande étrangère et le dynamisme des exportations. Cet indicateur est clé pour les pays fortement tournés vers l’international comme l’Allemagne, la Corée du Sud ou le Japon.
  • PMI des Petites Entreprises : Par exemple, en Chine, le Caixin Small Business PMI cible les PME, généralement plus exposées aux contraintes de financement et aux cycles économiques que les grandes entreprises.

Qui publie les indices PMI ?

Qui publie les indices PMI en France ?

Les indices PMI sont élaborés à partir d’enquêtes mensuelles menées auprès de responsables d’achats (purchasing managers) dans les entreprises. Les principales institutions qui les publient sont :

  • S&P Global est le fournisseur des PMI pour la France.

Qui publie les indices PMI hors de France ?

  • S&P Global est le principal fournisseur des PMI pour la zone euro, la France, le Royaume-Uni, le Japon, l’Inde, et de nombreux autres pays.
  • ISM (Institute for Supply Management) : L’ISM publie ses propres indices PMI manufacturier et services. Ils sont spécifiques aux États-Unis et distincts des PMI S&P.
  • Caixin Media et S&P Global : Pour le secteur privé chinois, le PMI est publié en partenariat avec Caixin. Il complète les données officielles publiées par le Bureau national des statistiques (PMI NBS).

Interprétation des Indicateurs PMI

Les indices PMI sont exprimés sous forme d’un chiffre unique compris entre 0 et 100. Dans les faits, en France, les valeurs les plus extrêmes sont rarement touchées et les PMIs oscillent le plus souvent entre 45 et 55.

Le seuil des 50 constitue la ligne de démarcation entre expansion et contraction de l’activité :

  • PMI > 50 : signale une expansion de l’activité économique dans le secteur concerné.
  • PMI < 50 : indique une contraction.
  • Plus l’indice s’éloigne de 50, plus la dynamique (positive ou négative) est forte.

Ci-dessous, un aperçu de l’évolution du PMI composite de la France depuis juin 2020, pour illustrer les phases d’expansion et de ralentissement économique.

Quel lien entre PMI et performance économique ?

Les indices PMI sont des indicateurs avancés qui permettent de capter l’évolution de l’activité économique avant la publication des données officielles (PIB, emploi, production industrielle). Conçus à partir d’enquêtes mensuelles auprès des directeurs d’achats, ils traduisent le ressenti et l’anticipation des entreprises sur la conjoncture immédiate.

Historiquement, le PMI composite est étroitement corrélé au PIB : lorsqu’il passe sous 50 de manière prolongée, cela précède souvent une phase de stagnation ou de récession. À l’inverse, un rebond au-dessus de 50 anticipe fréquemment une reprise économique.

Cette capacité à détecter les retournements de cycle en fait un outil précieux pour les analystes macroéconomiques, les banquiers centraux et les investisseurs. Le PMI réagit souvent plus vite que les autres indicateurs : il intègre des signaux liés aux tensions sur la demande, les carnets de commandes, ou l’évolution des coûts d’achat.

Ainsi, le suivi du PMI permet non seulement de mieux comprendre l’état actuel de l’économie, mais aussi d’anticiper ses trajectoires futures, ce qui en fait un baromètre essentiel pour orienter les choix d’investissement.

Comment les investisseurs utilisent le PMI ?

Les indices PMI sont des instruments d’anticipation très prisés par les investisseurs, car ils réagissent plus rapidement que les statistiques économiques officielles (dites hard data). En reflétant de manière précoce les évolutions de la production, des commandes, de l’emploi ou des délais de livraison, ils offrent un avantage temporel stratégique pour ajuster ses positions sur les marchés.

Orientation sectorielle

Un PMI en hausse est souvent interprété comme un signal de reprise : les investisseurs s’orientent alors vers les secteurs cycliques (industrie, construction, consommation discrétionnaire), plus sensibles à la conjoncture. À l’inverse, une dégradation prolongée du PMI incite à privilégier les valeurs défensives comme la santé, l’alimentation ou les services publics, réputées plus résilientes en phase de ralentissement.

Allocation géographique

Les PMI étant publiés pour de nombreux pays, ils permettent une lecture comparative des dynamiques économiques. Une divergence entre le PMI allemand et le PMI français, par exemple, peut influencer des arbitrages d’allocation entre marchés d’actions ou d’obligations.

Un PMI solide dans une région donnée peut également avoir plusieurs effets favorables :

  • Sur la devise locale (effet positif sur le FOREX),
  • Sur les actions domestiques (indices nationaux, ETF géographiques),
  • Sur la dette souveraine, par exemple si l’amélioration se fait sans pression inflationniste.

Marchés obligataires et politique monétaire

Les banques centrales surveillent attentivement les PMI. Un affaiblissement rapide augmente les probabilités de baisse des taux, soutenant généralement les obligations longues. À l’inverse, une forte accélération de l’activité ravive les craintes d’inflation, pouvant provoquer une hausse des taux.

Dans le cas de la France, il faut cependant intégrer une spécificité : la politique monétaire étant gérée au niveau de la zone euro, un PMI français faible peut être contrebalancé par une dynamique plus forte en Allemagne ou aux Pays-Bas, ce qui limite l’effet direct sur les taux ou l’euro.

Trading à court terme

À très court terme, les publications PMI sont souvent des déclencheurs de volatilité, notamment lorsqu’il y a écart par rapport au consensus. Une surprise positive peut entraîner une réaction immédiate à la hausse des actions ou de la devise concernée, et inversement.

Comme pour tout indicateur macroéconomique majeur (inflation, taux, emploi…), il est crucial pour les traders de :

  • Connaître le calendrier de publication,
  • Adapter leur gestion du risque (levier, stops, exposition),
  • Intégrer le consensus anticipé, car c’est souvent l’écart à ce dernier qui déclenche le mouvement de prix.

📌 À retenir : les PMI ne donnent pas des signaux d’achat ou de vente isolés, mais ils offrent un cadre d’interprétation macro cohérent pour affiner ses décisions d’investissement.

Où suivre les prochaines publications du Pmi France

Plusieurs sources fiables permettent de consulter en temps réel les chiffres. J’en utilise personnellement deux :

Vous pouvez aussi revenir de façon régulière sur cette page, et vous abonner aux alertes économiques gratuites de EpargneBourse.fr pour l’économie de la Zone Euro pour être alerté à chaque mise à jour.

Indice PMI France Juin 2025
Indice PMI France Juin 2025

FAQ : PMI France

Qu’est-ce qu’un bon chiffre PMI ?

Un « bon » chiffre PMI est généralement supérieur à 50, ce qui indique une expansion de l’activité économique dans le secteur concerné (industrie, services ou composite). Plus le chiffre s’éloigne au-dessus de 50, plus la dynamique est forte. À l’inverse, un chiffre inférieur à 50 signale une contraction de l’activité. Les PMIs Français sont majoritairement en dessous de 50 depuis Juillet 2023.

Où trouver le dernier indice PMI France ?

Les données sont fournies par Le site officiel des PMI de S&P Global. Vous pouvez trouver leur analyse sur EpargneBourse.fr dans la rubrique dédiée aux données macro.

Quelle différence entre PMI et INSEE ?

Le PMI est un indicateur avancé privé (Soft Data), calculé à partir d’enquêtes mensuelles menées auprès des directeurs d’achat d’entreprises. Il est publié rapidement (souvent dès le début du mois) et capte le ressenti du terrain.
L’INSEE, en revanche, produit des statistiques officielles (Hard Data). Telles que le PIB, l’emploi, la production industrielle, …. Plus complètes mais publiées avec un décalage temporel plus important. Les PMI permettent donc souvent d’anticiper les tendances à venir détectées ensuite dans les données de l’INSEE.

Le PMI France influence-t-il le CAC 40

Oui, le PMI France peut influencer le CAC 40, surtout s’il surprend par rapport aux attentes. Une hausse inattendue du PMI peut entraîner un rebond du marché, en signalant une reprise économique. À l’inverse, un chiffre très faible peut peser sur les marchés et les valeurs cycliques, ou domestiques.
Cependant, l’impact est souvent modéré, car le CAC 40 est un indice composé d’entreprises très internationalisées, dont les performances dépendent aussi largement de l’économie mondiale (notamment de la zone euro, des États-Unis ou de la Chine). L’impact est plus fort quand plusieurs PMIS (Français, Allemand, Zone Euro, …) « bougent » dans le même sens

A vous de jouer !

Cet article touche à sa fin, et j’espère qu’il vous a apporté des pistes de réflexion intéressantes. Si vous l’avez trouvé utile, n’hésitez pas à le partager en un clic :

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