Rapport JOLTs : 1 enquête indispensable sur l’Emploi aux USA

Modifié le 5 août 2026 par epargnebourse.fr

Partager l’article :

Les données du rapport Jolts font partie des plus importantes données liées au marché de l’emploi des USA. Il est donc indispensable de les connaître pour les investisseurs actifs et les traders.

Cet article comporte deux grandes parties :

  • L’analyse du dernier rapport Jolts, les graphiques d’évolution, la comparaison avec le S&P 500
  • La suite de l’article porte sur la définition des données et la façon de les intégrer dans vos stratégies d’investissement et de trading.

L’article commence par les dernières données, mais si vous souhaitez commencer votre lecture par les définition, vous pouvez cliquer ici.

Analyse des données JOLTS

Offres d’emplois du secteur privé (Jolts Opening Private)

Les données Jolts, indiquant le nombre d’offres d’emplois sont considérées comme un indicateur avancé. En particulier celui de l’emploi privé. Il indique le nombre de postes ouverts et non occupés dans le secteur privé. C’est à dire dans le secteur qui en temps normal doit tirer l’économie. Les données suivantes sont extraites du rapport Jolts.

rapport Jolts (privé) / Jolts report (private).
rapport Jolts (privé) / Jolts report (private).

Dernière publication : mardi 4 août 2026, portant sur le mois de juin 2026 (les données JOLTS accusent structurellement un décalage d’environ deux mois). La prochaine actualisation, relative à juillet, est attendue le 1er septembre.

Le secteur privé porte l’intégralité du repli du mois. Les postes vacants privés reculent de 187 000 pour s’établir à 6,536 millions, contre 6,723 millions en mai, et le taux d’ouverture passe de 4,7 % à 4,6 %. La mise en perspective annuelle tempère toutefois la lecture : le niveau reste supérieur de près de 190 000 offres à celui de juin 2025. Il s’agit donc d’une respiration, pas d’une rupture.

Le détail sectoriel est plus riche d’enseignements que l’agrégat. La santé et l’aide sociale perdent 147 000 offres, ce qui constitue le signal le plus important du rapport puisque ce secteur a fourni l’essentiel des créations d’emplois américaines depuis deux ans. Les loisirs et l’hôtellerie cèdent 86 000 postes, les services aux entreprises 71 000, le commerce de gros 74 000 et l’industrie de biens non durables 55 000. À l’inverse, le transport et l’entreposage gagnent 97 000 offres, le plus fort mouvement positif du rapport, avec un taux d’ouverture qui bondit à 5,2 % : les entreprises se repositionnent sur des volumes de fret anticipés, dans un contexte de normalisation progressive des routes maritimes après les tensions au Moyen-Orient. Le commerce de détail (+49 000), les activités financières (+58 000) et la construction (+14 000) complètent le tableau. Enfin, le secteur de l’information stagne à 90 000 offres contre 123 000 un an plus tôt : celui qui investit le plus massivement dans l’intelligence artificielle est aussi celui qui recrute le moins.

Offres d’emplois (données Jolts pour le total Privé + Publique)

Mise à jour du 01 Juillet 2025.

Rapport Jolts (Privé + Publique) / Jolts report (Private + Public).
Rapport Jolts (Privé + Publique) / Jolts report (Private + Public).

Le total nonfarm ressort à 7,359 millions d’offres en juin, en recul de 178 000, sous le consensus qui attendait 7,45 millions. Le taux d’ouverture glisse de 4,5 % à 4,4 %. Le chiffre de mai a par ailleurs été révisé en baisse de 57 000, à 7,537 millions, sans lui retirer son statut de plus haut niveau depuis deux ans.

Le secteur public joue le rôle d’amortisseur : les offres publiques progressent de 10 000, à 823 000, portées par un rebond fédéral de 39 000 postes — le taux d’ouverture fédéral remonte à 4,9 %, net redressement après la contraction administrative de 2025 — tandis que l’État et les collectivités locales reculent de 29 000. Sur le plan géographique, seul l’Ouest progresse (+32 000), le Midwest décrochant le plus nettement (-97 000).

Deux repères permettent de calibrer ce niveau. Le stock d’offres demeure supérieur d’environ 235 000 unités à celui de janvier 2020, tout en restant très éloigné du pic de 12,18 millions atteint en mars 2022. Rapporté aux 7,1 millions de chômeurs, cela représente 1,04 poste vacant par demandeur d’emploi, soit un marché formellement équilibré. Les flux confirment ce diagnostic de stabilité : embauches figées à 5,348 millions (taux de 3,4 %), démissions à 3,232 millions (2,0 %) et licenciements à 1,766 million (1,1 %).

Conclusion

Le marché du travail américain ne se dégrade pas : il s’immobilise. Embauches, démissions et licenciements sont pratiquement figés depuis deux ans, et les offres d’emploi n’ont quasiment pas bougé sur douze mois. C’est la signature classique du régime low-hire, low-fire : les entreprises ne licencient plus, mais ne s’engagent pas davantage. L’écart entre les 7,36 millions de postes affichés et les 5,35 millions d’embauches effectives — près de deux millions de postes publiés mais non pourvus — en dit plus long que le niveau brut des offres. Les employeurs postent, sélectionnent, et temporisent.

Ce gel doit se lire en miroir de l’offre de travail. Le rapport emploi de juin n’avait généré que 57 000 créations de postes, et la baisse du taux de chômage à 4,2 % s’expliquait avant tout par un recul du taux de participation. Lorsque la population active se contracte, vieillissement, départs à la retraite, resserrement migratoire, un marché faible peut afficher les statistiques d’un marché sain. C’est exactement l’ambiguïté que la Réserve fédérale doit trancher.

Or le cadre monétaire a radicalement changé. La Fed de Kevin Warsh a maintenu ses taux à 3,50-3,75 % le 29 juillet, mais avec trois votes dissidents en faveur d’une hausse — Hammack, Kashkari et Logan — soit le plus grand nombre d’opposants restrictifs depuis septembre 2016. Avec une inflation revenue autour de 4,2 %, largement alimentée par un choc énergétique lié au conflit iranien et une progression de plus de 20 % du brut sur le seul mois de juillet, les marchés attribuent désormais une probabilité proche de 60 % à un relèvement en septembre. Le rapport JOLTS ne désarme pas ce camp : ni le taux de démissions à 2,0 %, ni celui de licenciements à 1,1 % ne révèlent la fissure qui justifierait la patience. Mais il retire aussi un argument aux faucons. Des salaires en hausse de 3,5 % sur un an face à une inflation de 4,2 % signifient des revenus réels en contraction : ce n’est pas le travail qui alimente les prix, c’est l’énergie. Et une banque centrale ne neutralise pas un choc d’offre pétrolier sans abîmer la demande.

Pour les actions, l’asymétrie s’est inversée. Face à une Fed en biais restrictif, une donnée d’emploi molle devient une bonne nouvelle (bad news is good news) : le S&P 500 a inscrit un nouveau record le jour même de la publication, tandis que le 10 ans américain évoluait autour de 4,65 % et le 30 ans au-delà de 5,15 %, une pentification qui traduit davantage une prime d’inflation qu’un espoir de croissance. Le marché est positionné sur un scénario très étroit : un emploi assez stable pour éviter la récession, assez faible pour empêcher la hausse de taux. Toute rupture, dans un sens comme dans l’autre, déclenchera un repricing.

La lecture sectorielle offre des angles plus exploitables que l’indice lui-même. Le repli des offres dans la santé, l’hôtellerie et les services aux entreprises fragilise les valeurs exposées à la consommation discrétionnaire et au travail temporaire, au moment où l’encours de dette sur cartes de crédit atteint des sommets et où les taux appliqués aux ménages dépassent 25 %. À l’opposé, la remontée des offres dans le transport et l’entreposage constitue un indicateur avancé de redémarrage du cycle du fret, favorable aux industriels et aux logisticiens. Le contraste le plus structurant reste celui du secteur de l’information : des offres d’emploi au plus bas alors que les engagements d’investissement en infrastructures d’IA se comptent en dizaines de milliards de dollars. Le capital est massivement déployé, mais il finance des centres de données et des semi-conducteurs, pas des salaires.

C’est le cœur de la dynamique actuelle des marges : une croissance des bénéfices largement déconnectée de la masse salariale, qui explique simultanément les records d’indices et l’atonie du revenu du travail.

Deux rendez-vous seront décisifs. Le rapport emploi de juillet, publié en fin de semaine, et l’actualisation JOLTS du 1er septembre arriveront tous deux avant la réunion de septembre. C’est dans cet intervalle que se jouera l’arbitrage entre un plateau tolérable et un décrochage qui contraindrait Warsh à choisir entre son mandat de prix et son mandat d’emploi.

Le communiqué est disponible ici.

L’analyse des dernières données Jolts se termine. La suite de l’article porte sur la définition des données et la façon de les intégrer dans vos stratégies d’investissement et de trading.

Qu’est-ce que les données du rapport JOLTs ?

Les données JOLTS (Job Openings and Labor Turnover Survey) sont des statistiques avancées sur l’emploi aux USA. Elles sont publiées mensuellement par le Bureau of Labor Statistics (BLS). Elles offrent un panorama assez détaillé du marché du travail des USA. Elles évaluent les ouvertures de postes, les embauches, les licenciements et les taux de démission. Ces données apportent un éclairage précieux sur la dynamique du marché du travail.

Cet article explore ces données, en déchiffrant leur signification, leur impact sur les marchés. Nous évoquerons aussi des pistes d’utilisation pour les investisseurs. Nous listerons aussi leurs limitations. Et aborderons d’autres données d’emploi cruciales.

Pourquoi les Jolts Data sont-elles importantes ?

Les données JOLTs les plus utilisées sont :

  • le nombre de postes ouverts total
  • le nombre de postes ouverts dans le secteur privé

Jolts pour les investisseurs

Nous avons vu dans les articles consacrés aux consommateurs et aux entreprise l’importance fondamentale de bien comprendre ces deux acteurs.

Les indicateurs d’emploi sont cruciaux car ils nous renseignent efficacement sur la santé de ces deux acteurs clefs de l’économie.

Ces données permettent de comprendre la dynamique de recrutement des entreprises de la première puissance économique mondiale. Et d’autre part, l’emploi procurant la plus grande part des revenus des consommateurs elles aident à anticiper la dynamique de la croissance future.

A surveiller : Les offres disponibles dans le secteur privé sont un bon indicateur avancé de la dynamique des entreprises. Surveillez les si vous êtes un investisseur de moyen/long terme.

Stratégies de trading Jolts (Jolts job openings trading)

Ce qui a été écrit ci-dessus est autant vrai pour les traders qu’il ne l’est pour les investisseurs.

Si vous êtes un Trader ou même un investisseur de court terme, vous devez aussi avoir conscience que la publication de ces données est de nature à faire bouger significativement les marchés.

Leur publication est donc très suivi par les investisseurs et les traders rentables.

Piège à éviter : Ne détendez jamais de positions de court terme et avec de l’effet de levier sur les indices, les actions ou sur le dollar sans connaître les dates et heures précises de publication des données JOLTs. ni sans être capable d’en anticiper les effets.

EN dehors de cette règle de prudence, il est préférable de ne pas appuyer de stratégie de trading exclusivement sur les chiffres Jolts. Une analyse plus large avec le rapport sur l’emploi et d’autres données est plus prudente et efficace.

Ou trouver les données

Le rapport détaillé se trouve sur le site officiel : https://www.bls.gov/jlt/

De mon coté, j’analyse systématiquement ces données pour mon trading et pour mes investissement. Et je publie régulièrement une synthèse de cet article.

Limitations des données

Il est essentiel de reconnaître les limitations inhérentes à ces données :

  1. Délai de Publication : Les données sont publiées chaque mois avec un décalage d’un mois environ. Cela peut réduire leur pertinence pour les investisseurs. Heureusement, il existe des données hebdomadaires, différentes mais qui permettent de compléter l’analyse entre deux publications des données mensuelles.
  2. Précision Statistique : Comme toute enquête, les données comportent une marge d’erreur statistique. Les fluctuations trop importantes d’un mois à l’autre peuvent ne pas toujours refléter des tendances réelles.
  3. Focalisation sur les États-Unis : Les données ne concernent que le marché du travail aux États-Unis. Toutefois, les bourses américaines ont une influence considérables sur les marchés Européen. Cette limitation est donc à nuancer.

Impact des Données sur les Marchés

Les données peuvent avoir un impact significatif sur les marchés financiers. Elles sont réputées très surveillées par la FED. Et donc elles influencent notamment les taux d’intérêt, les devises et les marchés boursiers. Une augmentation des ouvertures de postes et des taux de démission peut ainsi signaler une économie robuste. Ce qui impactera les anticipations en matière de politique monétaire.

Utilisation possible par les Investisseurs et Traders

Les investisseurs peuvent tirer parti de ces données de plusieurs manières :

  1. Influence sur les Politiques Monétaires : Des variations significatives dans les données peuvent influencer les perspectives sur les taux d’intérêt. Les investisseurs doivent suivre ces données pour anticiper d’éventuels ajustements des politiques monétaires.
  2. Prévisions Économiques : Les données fournissent un aperçu mensuel de l’évolution du marché du travail. En analysant les tendances dans les ouvertures de postes, les embauches et les démissions, les investisseurs peuvent anticiper les changements économiques imminents.
  3. Analyse Sectorielle : Les données permettent d’identifier les tendances spécifiques à certains secteurs. Cela permet aux investisseurs de repérer les secteurs où les embauches ou les ouvertures de postes augmentent. Ce qui peut influencer leurs décisions d’investissement.
  4. Corrélation avec les indices boursiers : Comme sur le graphique suivant, la comparaison des emplois ouverts dans le secteur privé permet de visualiser si l’évolution des indices est cohérente avec celle de la dynamique de recrutement des entreprises ou si au contraire, les indices sont déconnectés.

Le graphique ci-dessous, représente les postes ouverts dans le secteur privé et le S&P 500.

Jolts private, Jolts Privé USA 02 Août 2024
Jolts private, Jolts Privé USA 02 Août 2024

Autres Données d’Emploi Utiles

Outre les JOLTs, les investisseurs aux États-Unis et en Europe peuvent tirer parti d’autres publications d’emploi. En Europe, les données de l’Eurostat fournissent un aperçu des tendances du marché du travail et de la croissance économique.

Je publie généralement chaque fin de semaine une synthèse des dernières données d’emploi aux USA. Comme vous pouvez le constater, les données JOLTs font partie des données étudiées.

US employment Aug 09 / Emploi USA 09 Aout 2024
US employment Aug 09 / Emploi USA 09 Aout 2024

Une source de donnée un peu inattendue est celle du nombre de publications sur le site d’offres d’emploi Indeed. Nous explorerons aussi ces données dans un prochain article.

Conclusion

Les chiffres JOLTs font partie des outils précieux pour les investisseurs et les traders. Ils peuvent ainsi mieux comprendre la dynamique du marché du travail et anticiper les mouvements économiques. En connaissant leurs limites et en les combinant avec d’autres données d’emploi, les investisseurs peuvent prendre des décisions plus éclairées. Ces données, malgré leurs contraintes, sont des ressources inestimables pour naviguer dans un environnement financier en perpétuelle évolution.

A vous de jouer !

Cet article touche à sa fin, et j’espère qu’il vous a apporté des pistes de réflexion intéressantes. Si vous l’avez trouvé utile, n’hésitez pas à le partager en un clic :

Pour ne rien manquer de l’actualité d’epargnebourse.fr, inscrivez-vous dès maintenant à la Newsletter Hebdomadaire et recevez directement les dernières analyses et tendances du marché :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut
×