L’économie zone euro : Suivi pour investisseurs et traders : 12/01/2024

Modifié le 20 janvier 2024 par epargnebourse.fr

Ce point hebdomadaire a été mis à jour avec les données disponibles après la journée du Vendredi 12 Janvier 2024

Chaque semaine, je réalise 4 analyses pour les lecteurs investisseurs et traders :

Analyse monétaire et crédit

Taux

Courbe des taux

Mise à jour du 12 Janvier 2024

Les taux longs sont remonté cette semaine après avoir baissé pendant plusieurs semaines. Ils étaient revenus à des niveaux proches de ceux de fin 2022, ils s’en éloignent.

Courbe des taux France 12 Janvier 2024
Courbe des taux France 12 Janvier 2024
Courbe des taux France 12 Janvier 2024, 2 dernières semaines
Courbe des taux France 12 Janvier 2024, 2 dernières semaines

Taille du Bilan de la BCE

Mise à jour du 12 Janvier 2024

Le bilan de la BCE au 5/1 ressortait  à 6920 milliards € lors de sa dernière publication contre 6935 lors de la précédente.

Bilan de la BCE au 12 Janvier 2024
Bilan de la BCE au 12 Janvier 2024

La BCE poursuit lentement la réduction de la taille de son bilan qui est maintenant au niveau de fin 2020.

Ecarts (spread) de taux Allemagne – Italie

Mise à jour du 12 Janvier 2024

Une des spécificités de la zone Euro est de disposer d’une seule monnaie pour 20 pays. Chacun de ces pays emprunte sur les marchés pour financer un endettement publique plus ou moins élevé.

Un très bon indicateur du niveau de risque de l’économie zone Euro est la différence de cout d’emprunt entre les états réputés les plus surs et ceux réputés les moins surs.

Pour cela, on choisi en général :

  • L’état Allemand comme reflétant les dettes sans risque
  • L’état Italien comme reflétant les dettes disons plus risquées

Cette mesure du risque de la zone Euro est très fiable, et facile à suivre.

Le graphique ci-contre représente l’écart de taux multiplié par -1 pour faciliter son observation conjointe avec l’indice des 50 valeurs de la Zone (Euro Stoxx 50).

Spread des taux 10 ans Allemand et Italien au 12 Janvier 2024
Spread des taux 10 ans Allemand et Italien au 12 Janvier 2024

Au 12/01/2024, l’écart des Taux 10 ans entre l’Italie et l’Allemagne est à 151,8 points de base contre 161,5 la veille et 166,4 il y a une semaine. C’est le niveau de détente le plus fort depuis plus de 1 an.

L’indice du stress Financier en France est lui aussi sur un niveau extrêmement bas.

Indice stress bancaire France 12 Janvier 2024
Indice stress bancaire France 12 Janvier 2024

Economie zone euro : Crédit

La BCE ne publie ces données que chaque mois. Sa dernière publication date du 28 Novembre :

Le volume total de crédit mesuré chaque mois par la BCE est ressorti à 11995 Milliards, il était à 11991 milliards le mois précédent

La distribution de crédit est donc stable ce qui est logique compte tenu de la situation économique.

Crédit bancaire Zone Euro 28 Novembre 2023
Crédit bancaire Zone Euro 28 Novembre 2023

Analyse de l’Activité

PMI EU

Mise à jour du 12 Janvier 2024

Les derniers PMI de la zone Euro se trouvent ICI.

Avec un niveau de 47.6, le PMI composite de Décembre de la zone Euro est faible. Il indique que l’activité économique continue de se dégrader (car en dessous de 50).

Les PMI étant des indicateurs avancés, cette faiblesse durable augure mal des prochaines publications de croissance économique.

Quel impact pour les investisseurs : L’économie de la zone Euro reste très molle, la récession est bien là, heureusement, faible pour le moment.

Croissance de l’économie zone euro

Mise à jour du 15 Décembre :

  • Le PIB de la zone Euro est en baisse de 0.1% au T3
  • Après un T2 lui aussi en baisse de 0.1%

La situation de la zone Euro continue de se dégrader à rythme lent.

Quel impact pour les investisseurs : L’économie de la zone Euro reste très mole. Cela augmente la probabilité que la BCE adopte une politique monétaire moins restrictive. C’est toujours la conviction des marchés.

Conclusion sur la situation de l’économie zone Euro

Mise à jour du 12 Janvier :

  • Activité économique et emploi :
    • Le PIB du T3 de la zone Euro est ressorti à -0.1%. Le contraste avec les +4.9% des USA est saisissant.
    • Les toutes dernières données des PMI sont en dessous de 50 pour la zone Euro dans son ensemble, pour l’Allemagne, et pour la France, elles ne montrent pas d’amélioration des perspectives d’activité.
    • Le PIB au T4 devrait toujours être soit en récession, soit proche de la récession.
    • L’économie de la zone Euro reste très molle, sa perte de compétitivité, son manque d’investissement, sa dépendance énergétique, minent ses résultats économiques.
    • Le manque de leadership et d’innovations Européennes d’ampleur mondiale dans les domaines porteurs des énergies décarbonées, de l’IA, du New Space, des véhicules électriques vont continuer de peser sur une Zone Euro en panne.
    • La production industrielle Allemande pour les secteurs les plus consommateurs d’énergie continue de s’écrouler en raison de la hausse du coût de l’Energie (encore un résultat du coup de génie de la sortie du nucléaire).
  • Inflation et prix :
    • A 2.4%, l’inflation annuelle se rapproche de la cible de 2%. Mais, l’inflation cœur (inflation hors énergie et alimentation) reste à 3.5%.
    • La dernière intervention des membres de la BCE semble continuer de repousser les baisses de taux.
    • Certains analystes (dont Patrick Arthus) mettent en avant que les effets de base négatifs rendent très probable un rebond de l’inflation en février/mars.
  • Taux et crédit :
    • Même s’ils sont remontés un peu cette semaine, les taux des emprunts d’état Français restent en forte baisse par rapport à fin octobre.
    • La distribution de crédit ne s’accélère pas mais reste sur des niveaux hauts au sein de la zone Euro
  • Bilan de la BCE :
    • La BCE poursuit la réduction de son bilan
    • Mais à un rythme ralenti.
  • Risque financier :
    • La mesure du risque financier dans la zone Euro au travers de l’écart des taux à 10 ans entre les emprunts d’états Allemands et Italiens ne montre pas de hausse des inquiétudes, bien au contraire.
    • Il en est de même pour l’indice du stress financier en France.
    • Les guerres en Ukraine et au Moyen Orient même si elles ont un impact économique en particulier sur les couts de l’énergie et maintenant sur les couts de transport maritime Europe-Asie n’impactent pas le stress financier.

Impact pour les investisseurs :

  • A moyen terme : La récession risque de se prolonger dans la zone Euro mais il est encore trop tôt pour envisager une récession forte
    • L’impact de la hausse des taux d’intérêts, la perte de compétitivité, les couts élevés et structurels de l’énergie n’incitent pas à l’optimisme.
    • En l’absence de dynamique propre assez forte, la zone Euro a besoin de se raccrocher à un moteur extérieur et pour le moment, ni la Chine, ni les USA ne jouent ce rôle. Ces derniers, avec « l’Inflation Reduction Act » contribuent même au désinvestissement industriel en zone Euro.
    • En l’absence de signaux positifs venant de la zone Euro elle même, les marchés d’actions Européen restent toujours soumis aux impulsions données par Wall Street. Je pense qu’il n’y a pas grand chose à espérer à court terme de la dynamique intrinsèque des actions de la zone Euro. Tant qu’il n’y aura pas signe d’amélioration macro, les indices de la zone Euro devraient se contenter de suivre les signaux de Wall-Street, mais en moins bien : cad en baissant davantage pendant les baisses et en montant moins pendant les hausses. C’est exactement ce qui se produit depuis des mois. Un petit espoir se trouve quand même dans une amélioration possible de la situation en Chine mais pour le moment, les données de montrent pas encore de matérialisation.
    • Cela ne veut pas dire que l’investissement en action dans la zone Euro ne peut pas être rentable. Cela veut simplement dire que de façon structurelle (cad tant que l’économie est molle dans la zone Euro) :
      • Les actions européennes « copient » les mouvements des actions Américaines par phénomène de mimétisme mais sans justification intrinsèque
      • il est plus rentable d’investir en actions aux USA que en zone Euro
      • les entreprises Européennes exposées trop exclusivement aux marchés de la zone Euro ont plus de mal à faire croitre leurs volumes de ventes et leur rentabilité
  • A court terme : Pas de stress financier
    • Le risque de crédit, est toujours présent mais aucun indicateur avancé ne décèle le moindre signe de matérialisation.
    • La BCE en réduisant la taille de son bilan se donne des marges de manœuvre pour intervenir le moment venu.

A vous de jouer

Cet article se termine, j’espère qu’il vous aura intéressé. Ce blog est totalement gratuit pour vous. Mais il nécessite beaucoup de travail pour moi. Si vous souhaitez apporter votre soutien à epargnebourse.fr, n’hésitez pas à partager le lien avec vos proches ou sur les réseaux sociaux.

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